

Pour notre déjeuner littéraire d’automne, Patrick DUVAL, membre de notre Délégation, nous présente Marie-Hélène LAFON, écrivain, professeur de français, latin-grec (agrégé de grammaire) à Paris. Elle est native du Cantal.

Auteur de 14 ouvrages (romans et nouvelles) elle écrit depuis 1996. Entre autres prix :
– Prix Renaudot des lycéens en 2001,
– Finaliste prix Fémina 2014 pour son roman « Joseph »,
– Prix Henri Cornelius 2015-2016 en mars 2016 par l’Académie Royale de langue et de littérature française de Belgique,
– Prix Goncourt de la nouvelle 2016.
Marie-Hélène LAFON nous explique sa façon, très imagée, de travailler. Elle qualifie le début de l’écriture d’un livre à une mise en chantier et travaille sur son établi.
Il est important pour elle, de lire ses textes à haute voix, pour ajuster les phrases, le rythme et la ponctuation. La virgule, quelquefois, disparaît, elle manque et çà s’emballe. Mais non, la virgule ne manque pas, elle aurait été de trop, il fallait qu’elle disparaisse pour qu’autre chose apparaisse, souvent une énumération.
Dans ses ouvrages, elle fait souvent référence à Gustave Flaubert , un de ses auteurs favoris.

Elle nous présente son dernier roman « Joseph » en nous lisant des extraits à haute voix.
Joseph est ouvrier agricole, dans une ferme du Cantal, avec de bons patrons, il a presque soixante ans, la vie a passé et le calme y est revenu, après la boisson et les cures. Il a le goût et la patience des animaux, ce qui fait de lui un ouvrier apprécié.
Il ne s’est jamais marié, n’a pas fait maison, il a eu son histoire d’amour, mais cela a mal tourné, « un trou dans sa vie ».
C’est un personnage simple, doux mais abimé. Il reste droit et n’attend rien d’autre que la quiétude d’une vie rythmée par des habitudes, puis la retraite et la mort.
Il a une manière bien à lui de regarder le monde qui l’entoure, sa beauté et sa cruauté. Mais sous son crâne, çà bouillonne de souvenirs, de chiffres et de dates. Joseph ne laisse pas de trace, ne fait pas de bruit et finalement n’a pas de nom. Une vie en retrait, à observer.
Ce roman et le récit d’une existence, d’un temps, d’une campagne sur le point de s’éteindre. Un univers qui n’a pas changé depuis le XIXème où l’irruption du monde moderne y est presque dérangeante.
Marie-Hélène LAFON connaît très bien le Cantal, ses paysages, ses fermes. Elle n’invente rien, elle restitue des détails vus, vécus et sentis.
Nous remercions Patrick Duval de nous avoir permis de rencontrer cet auteur « passionnée et passionnante ».

Photos : Michel DUMONT Texte : Pascale de LORIOL
DATES À RETENIR
– OCTOBRE 2016
– jeudi 13 – visite de la fromagerie « La Finarde » à la Citadelle d’Arras.
NOVEMBRE 2016
– dimanche 20 novembre à 11 h 00 – à l’occasion de l’inauguration des nouveaux locaux de l’Office Culturel d’Arras (la Renaissance Française en est membre). Monsieur le Maire d’Arras inaugurera un parterre de 14 rosiers « Simone Veil » Rose du centenaire de la Renaissance Française (cadeau de notre délégation Nord/Pas-de- Calais à la ville d’Arras.)

http://www.rosesorard.com/details– rose+simone+veil+un+projet+initie+avec+l+association+la+renaissance+francaise-93.html
Déjeuner littéraire du 21 septembre 2016 avec Marie-Hélène LAFON. Version PDF